Baudin (Gérard), Bonnin (Philippe), (dir.)
Faire territoire
ISBN 978-2-86222-065-9/135 x 200/324 p.   23 €
2009

Disponible aussi en édition numérique



«Dans la préface de l’ouvrage issu du colloque “Faire territoire aujourd’hui”, s’interrogeant sur les relations entre le social et le spatial, Philippe Bonnin souligne la difficulté à définir aujourd’hui un espace ou un territoire social et individuel, face aux “processus de dématérialisation, de délocalisation, de mise en réseaux et en mobilité permanente”. Sans doute, le rôle de l’espace et du territoire n’a jamais été à la fois plus fort et plus ténu qu’aujourd’hui dans la fixation des identités individuelles et collectives dans les sociétés occidentales, puisque ces identités sont évidemment devenues ellesmêmes mobiles. En éclairant le titre (volontairement) ambigu de l’ouvrage – le territoire “fabriqué”, “au sens d’une action volontaire modelant une matière brute”, ou le territoire du “nous” “impliquant une organisation sociale et une culture qui sans cesse bâtiraient un espace aux contours plus ou moins précis dans lequel ce “nous” se reconnaîtrait” –, Gérard Baudin prolonge la réflexion de Ph. Bonnin et indique les principales orientations adoptées par les contributeurs de l’ouvrage. Celles-ci ont été regroupées en quatre parties, qui, comme dans de nombreux colloques, n’épuisent pas toujours le contenu d’articles souvent polysémiques : mobilité, patrimoine ; frontières, cultures ; politiques, échelles, et contributions complémentaires. Dans la première partie, sont regroupés quatre articles qui concernent essentiellement les processus et les modalités d’identification à des lieux ou des territoires, ruraux (Sophie Bobbé et Martyne Perrot) ou urbains (Michel Rautenberg), tandis que Martin de La Soudière, interrogé par G. Baudin, présente quelques réflexions sur le “lieu comme métaphore de l’autre”. […] La seconde partie est principalement consacrée aux territoires partagés ou séparés – l’un allant d’autant moins souvent sans l’autre que les communautés sont plus rapprochées dans l’espace et cherchent à s’y distinguer les unes des autres – […] Avec la troisième partie, l’ouvrage aborde plus directement les échelles territoriales de la “gouvernance” et les relations de l’une à l’autre, ainsi que la place qu’on assigne ou que devrait occuper l’habitant/citoyen dans le territoire. […] Dans les “contributions complémentaires”, Marc Dumont, à partir de quelques exemples pris à Tours et à Orléans, tente d’illustrer une double direction de recherche sur l’évolution récente des sociétés urbaines, qui s’ajoute aux réflexions de certains des auteurs précédents sur le “local” : depuis une vingtaine d’années, les conséquences de la mobilité généralisée se sont ajoutées à la multiplication des acteurs de la “gouvernance” pour “saper radicalement toute idée d’identités locales au singulier” […] Comme dans tous les actes de colloques, l’ensemble est certes inégal. […] Mais la plupart des articles sont de grande qualité et cet ouvrage pluridisciplinaire occupe une place originale dans la production de ces dernières années sur le vaste thème du territoire.» Jean-René Trochet, Ethnologie française, n° 41, 2011.